23/01/2026 - Journée mondiale des solitudes : « Les petites attentions sont essentielles car elles donnent le sentiment d’exister et de compter. » SAAD Amicalement vôtre

Écoute, empathie et ouverture à l’autre : des remparts plus que jamais essentiels face à la solitude. Au cœur du lien social, les professionnels du SAAD Amicalement Vôtre œuvrent pour faciliter la vie quotidienne et redonner une présence humaine aux personnes âgées confrontées à l’isolement. 

Accompagner les personnes âgées et fragiles dans les gestes essentiels de la vie quotidienne (se nourrir, se lever et se coucher, se laver, etc.) afin de leur permettre de rester le plus longtemps possible à domicile : c’est l’objectif du SAAD (Service d’Aide et d’Accompagnement à Domicile) Amicalement Vôtre.

À l’occasion de la Journée mondiale des solitudes, rencontre avec Jean-Claude et Kadria, coordinateur et auxiliaire de vie au SAAD. Ils évoquent les manifestations concrètes de la solitude chez les personnes âgées et nous font découvrir leur travail essentiel et profondément tourné vers la proximité et le lien social.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre métier ?

Kadria : Auxiliaire de vie à domicile depuis 2019, j’interviens directement chez les personnes pour les accompagner dans leur quotidien. Au-delà de l'aide pratique, mon métier repose beaucoup sur la présence, l'écoute et la relation humaine. Les personnes peuvent se sentir seules et mon intervention est souvent un moment important dans leur journée.

Jean-Claude :  J’ai rejoint le SAAD Amicalement vôtre en 2016 en tant que coordonnateur social et référent éthique. Avec notre équipe, nous accompagnons chaque jour des personnes âgées, souvent fragiles et isolées, ainsi que des personnes en situation de handicap, afin de leur permettre de continuer à vivre à domicile dans les meilleures conditions possibles.

Nous organisons et coordonnons leur accompagnement. Nous nous rendons à leur domicile pour échanger avec elles, comprendre leurs besoins, définir ensemble le rythme des interventions et établir les plannings de visite. Nous choisissons l’auxiliaire de vie la plus adaptée et veillons à ce que l’accompagnement se déroule sereinement. Nous travaillons également en étroite collaboration avec les proches aidants et les acteurs de proximité afin d’assurer une continuité et une qualité de soutien à domicile. 

 

À quoi reconnaît-on les signes de la solitude chez les personnes âgées ? Comment est-ce que cela se manifeste ?
Kadria : La solitude se manifeste par du découragement, de la nostalgie, parfois de l’irritabilité. Elle a une grande influence sur l’humeur, mais aussi un impact direct sur la santé : baisse de l’appétit, troubles du sommeil, renoncement aux soins. Ce sont des symptômes que l’on observe fréquemment. Les hommes comme les femmes sont concernés. Avec le temps, la solitude peut fragiliser la personne, tant sur le plan physique que mental. Une présence humaine régulière peut alors faire une réelle différence.

Jean-Claude : La solitude, c’est un réel problème de santé publique. Chez les personnes que nous accompagnons, cela se traduit souvent par un repli sur soi ou des difficultés à accomplir les tâches quotidiennes, comme l’aide à la toilette. Certaines personnes n’ont plus envie de faire les soins d’hygiène. Elles peuvent aussi renoncer à appeler leurs proches ou à voir l’auxiliaire de vie ou la voisine. Parmi les causes identifiées, cet isolement est souvent lié aux accidents de la vie. Beaucoup de personnes veuves sont sous le choc de la disparition de leur conjoint. Elles ont parfois perdu le contact avec leurs enfants, qu’il s’agisse d’un conflit familial ou d’un éloignement géographique. Facteur aggravant : la perte d’autonomie renforce leur solitude.


« La lutte contre l’isolement des personnes âgées est une responsabilité collective. Ensemble, en soutenant et en valorisant ces actions de proximité, nous pouvons faire reculer l’isolement et renforcer le lien humain. »
 

Que mettez-vous en œuvre pour lutter contre la solitude et créer du lien social ?

Kadria : J’agis avant tout par ma présence et mon sens de l’écoute. Je prends le temps d’échanger et de partager des moments simples avec la personne. J’essaie aussi de la valoriser ainsi que son histoire. Les petites attentions sont essentielles, car elles donnent le sentiment d’exister et de compter. Nous veillons aussi à renouer les liens avec la famille, les proches et l’entourage lorsque cela est possible.

Jean-Claude : Dès la première rencontre, nous restons attentifs aux situations pouvant révéler un risque d’isolement. Avec l’accord des bénéficiaires, nous mettons en place des interventions régulières afin d’apporter une présence rassurante et une aide concrète pour améliorer leur quotidien.
Nous nous appuyons sur les observations des professionnels de terrain, notamment les auxiliaires de vie, dont le regard est essentiel. Leurs retours nous permettent de repérer les changements de comportement ou les signes de mal-être et d’intervenir rapidement par de nouvelles évaluations à domicile.

Par ailleurs, nous travaillons en partenariat avec les acteurs locaux tels que les assistantes sociales, la Maison des aînés et des aidants ou encore les Petits Frères des Pauvres. Ensemble, nous pouvons accompagner les personnes vers des structures et dispositifs qui favorisent le lien social et l’ouverture vers l’extérieur : les centres d’accueil de jour, l’association de gérontologie AG11 avec ses ateliers peinture et chorales, ou encore les Petits Frères des Pauvres, qui proposent des visites et des moments de discussion conviviaux.

Enfin, nous agissons collectivement pour préserver l’autonomie de chacun grâce à la mise en place de projets d’accompagnement personnalisés. Notre objectif est de répondre au mieux aux besoins des personnes, de valoriser leurs capacités et de les aider à rompre avec la solitude.