20/11/2025 - Faire vivre les droits de l'enfant pour prendre soin des adultes de demain Droits de l'enfant

La journée des droits de l’enfant, c’est toute l’année au centre parental de la Fondation ! Rencontre avec Madeleine, Roger, éducateurs spécialisés et Mariam, éducatrice de jeunes enfants au centre parental qui œuvrent jour après jour pour protéger les enfants et faire respecter leurs droits les plus fondamentaux. En cette journée spéciale, ces professionnels nous racontent combien les droits de l’enfant sont au cœur même de leur mission.
Quelle est votre vision des droits de l’enfant en tant qu’éducateur spécialisé ?
Roger : Je partirai des propos de Claude Romeo, ancien directeur de l'enfance et de la famille au conseil départemental de la Seine-Saint-Denis qui a déclaré : « négliger les enfants, c’est détruire l'avenir ». Pour moi, ces mots résument toute l’importance des droits de l’enfant. Parce que l’avenir de notre société passe par la prise en compte des besoins fondamentaux des enfants dont celui de pouvoir grandir dans un environnement sécurisant. Pour garantir et protéger ces droits, cela suppose qu'il y ait des adultes, en premier lieu les parents, qui puissent assurer le bien-être des enfants.
Mariam : Les droits de l’enfant sont essentiels car les enfants sont les adultes de demain. En tant qu’éducatrice de jeunes enfants, il s’agit bien évidemment de respecter les enfants et leur développement, de mettre en place des moyens financiers et humains pour pouvoir les accompagner au mieux dans le futur. Faire respecter leurs droits, c’est la garantie d’avoir une société avec des adultes beaucoup plus structurés et équilibrés et des rapports humains plus sereins.
Madeleine : Aujourd'hui, d’après le constat que nous faisons au quotidien, un droit de l’enfant est souvent mis de côté : celui d’être préservé de la surexposition aux réseaux sociaux et aux écrans. Sans vouloir culpabiliser les parents, nous constatons que le smartphone est devenu un jouet de plus en plus souvent donné aux enfants quand les parents sont occupés ou fatigués. Or, les conséquences peuvent être massives sur les enfants et en particulier les tout-petits. La surexposition aux écrans nuit à l'apprentissage du langage, à la construction de l’attention, au temps de sommeil et aux interactions humaines. Quels citoyens va-t-on former pour les générations à venir si le développement de l’intelligence est compromis dès les premières années de la vie ?
Que mettez-vous en place au centre parental pour assurer le respect de droits de l’enfant ?
Roger : Dans le cadre du centre parental qui est un service de prévention et de protection de l'enfance, nous sommes amenés à accompagner et à soutenir les parents dans leur fonction parentale auprès de leurs enfants. Nous avons mis en place des ateliers de soutien à la parentalité : gestion des écrans, risques domestiques, diversification alimentaire… C’est une manière très concrète de travailler avec les parents sur les besoins fondamentaux de l’enfant. J’estime que ces ateliers sont essentiels pour permettre aux parents d’accompagner au mieux leurs enfants.
Mariam : Nous rendons visite aux familles à domicile pour échanger avec elles, observer l’environnement de l’enfant et nous les accompagnons en donnant des conseils pour les aider à être de « meilleurs » parents. Pour les enfants qui ont connu des traumatismes en termes de carence éducative, des entretiens peuvent leur être proposés au Centre Parental avec l’EJE et la psychologue afin d’évaluer et orienter vers des services spécialisés.
Madeleine : Concernant la surexposition aux outils numériques, nous avons proposé un atelier pour aider les parents dans la gestion des écrans. Sans culpabiliser les parents, nous les invitons à être plus vigilants : l'enfant ne doit pas être exposé à des images très colorées qui bougent beaucoup parce qu’elles perturbent leur capacité d’attention. Nous évoquons les conséquences de la surexposition aux écrans sur le sommeil, l’attention et la santé des enfants avant de rappeler quelques règles fondamentales : pas une minute d’écran de zéro à 3 ans.
Après 3 ans, nous recommandons aux parents d'être présents aux côtés de l’enfant pour l’accompagner face aux contenus visionnés sur les écrans. Après ce temps d'écran, il est très important que les parents puissent échanger avec l'enfant pour commenter ce qu’il a vu et/ou lui donner des explications.
Le smartphone peut aussi être un outil de communication qui peut faciliter la socialisation et les interactions familiales. Nous considérons que les écrans peuvent être utilisés comme des ressources pour trouver des activités à faire en famille. Par exemple, un parent peut avec son enfant chercher une recette de cuisine sur le téléphone avant de cuisiner ensemble. L’idée est que l'enfant comprenne qu'il peut utiliser le smartphone comme une ressource pour trouver une information qui va le servir dans son quotidien et donc l’extraire du virtuel.
Auteur(e) : c.delestre
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